La frontière entre réalité et imaginaire est bien plus perméable qu’on ne le pense. Les neurosciences montrent que notre cerveau reconstruit en permanence ce que nous croyons percevoir. Nous n’expérimentons donc jamais la réalité brute, mais une version filtrée, interprétée… parfois déformée.
Comprendre ce mécanisme est essentiel, notamment en kinésiologie, où l’on travaille sur l’impact des perceptions, des mémoires et du stress sur le corps. Et c’est également ce qui permet d’utiliser des outils comme la visualisation pour créer un changement réel et mesurable.
Réalité : une perception toujours filtrée
La réalité objective existe : ce sont les faits, les événements, les sensations physiologiques.
Mais notre cerveau ne traite jamais ces informations telles quelles. Il les filtre à travers :
- nos expériences passées,
- nos croyances,
- notre état émotionnel,
- notre stress,
- nos attentes,
- nos références culturelles et familiales.
Selon les études en cognition, plus de 80 % de ce que nous “voyons” est en réalité reconstruit par le cerveau.
Autrement dit : nous ne percevons pas le monde, nous percevons notre version du monde.
Imaginaire : un mécanisme cérébral bien réel
L’imaginaire n’est pas une illusion. C’est un processus neurologique concret.
Les techniques d’imagerie cérébrale (IRM fonctionnelle) montrent que :
- imaginer une action active les zones motrices,
- imaginer une émotion déclenche les mêmes circuits neuronaux que la vivre,
- imaginer un danger provoque des réactions physiques (cortisol, tension musculaire),
- imaginer une réussite active la dopamine et les circuits de la motivation.

L’imaginaire génère donc des réactions corporelles authentiques.
C’est ce qui explique pourquoi des pensées, des souvenirs modifiés ou des anticipations peuvent influencer notre réalité vécue.
Quand l’imaginaire influence notre vécu
Notre cerveau ne distingue pas parfaitement le vécu du simulé :
une peur imaginée peut provoquer un blocage réel,
un scénario intérieur peut modifier un comportement,
un souvenir réinterprété peut influencer nos décisions des années plus tard.
Beaucoup de réactions corporelles ne proviennent donc pas de la situation actuelle, mais d’une perception construite, souvent héritée du passé.
La kinésiologie :
clarifier la perception pour rééquilibrer le corps
En kinésiologie, le test musculaire et l’observation du corps permettent d’identifier :
- les perceptions altérées,
- les mémoires émotionnelles encore actives,
- les stress provenant d’une situation imaginaire ou anticipée,
- les décalages entre la réalité actuelle et ce que la personne croit vivre.
Le travail consiste alors à :
- réduire le stress physiologique,
- clarifier la perception actuelle,
- dissocier le vécu du passé des sensations présentes,
- rééquilibrer le corps pour une perception plus juste.
Lorsque la perception devient plus précise, les réactions du corps deviennent plus adaptées, plus calmes et plus cohérentes.
Visualisation :
utiliser l’imaginaire pour transformer la réalité
La visualisation est largement utilisée en neurosciences, en préparation mentale et dans le sport de haut niveau.
Pourquoi ? Parce qu’imaginer une action active des circuits neuronaux presque identiques à ceux utilisés lorsque l’on vit réellement l’expérience.
Elle permet donc :
- d’améliorer la performance,
- de réduire le stress,
- de renforcer la confiance,
- de préparer le cerveau à un objectif,
- de reprogrammer une réaction émotionnelle.
Associée à la kinésiologie, la visualisation devient encore plus efficace.
Après une séance :
- le stress est diminué,
- le corps est rééquilibré,
- les perceptions sont clarifiées,
- l’imaginaire est plus accessible et moins perturbé par des mémoires anciennes.
La visualisation permet alors d’ancrer :
- une posture plus confiante,
- un geste sportif,
- une réaction plus calme,
- une situation future souhaitée,
- un changement intérieur positif.
L’imaginaire, autrefois source de confusion ou de stress, devient ainsi un levier d’évolution, capable de transformer la perception… et donc la réalité vécue.
Transformer sa perception,
c’est transformer son monde

Nous n’expérimentons jamais le réel pur.
Nous vivons dans l’interprétation que notre cerveau en construit.
En rééquilibrant le corps et en clarifiant la perception, la kinésiologie permet de retrouver un rapport plus juste à la réalité. Et en utilisant la visualisation, on transforme la manière dont le corps et l’esprit anticipent, ressentent et vivent les situations.
Perception, imaginaire et réalité ne sont donc pas en opposition :
ils travaillent ensemble, et peuvent devenir les piliers d’un changement profond et durable.
